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La question du DEUIL ou le challenge de la PERTE

En cette période où il est question de célébrer nos défunts, qu’ils soient enterrés ou dispersés, que leur âme soit selon nos croyances "enciellée", réincarnée ou évaporée, j’ai choisi à cette occasion de vous parler du DEUIL, non seulement parce qu’il fait écho au temps que nous vivons, mais aussi parce qu’il en est beaucoup question dans mes consultations et pas uniquement à l’occasion de la perte d’un proche puisque la Vie est une succession de passages, d'étapes, de cycles où il est question de PERTE et qui peuvent nécessiter un processus de deuil.


La période est riche en solennités dont nous comprenons plus ou moins le sens et l’origine : la Toussaint, la fête des défunts, Halloween, Di wali, Harvest et j’en passe…là où certains se rendront sur les tombes et les lieux où leurs proches (de)meurent, une fleur à la main, le cœur plus ou moins serré; d’autres fêteront la fin des récoltes, l’entrée dans l’hiver, le changement de lune, d'autres encore célèbreront la sanctification de certains hommes et femmes ou bien la beauté de la Lumière au moment où les jours raccourcissent!


Ces fêtes ont en commun qu’elles permettent une célébration, une communion et même un temps de repos comme en France où le jour de La Toussaint est férié. Une opportunité d’arrêter la course folle du temps, faire mémoire de ceux qui nous ont précédés et pourquoi pas célébrer la Vie!?


Nous pouvons être confrontés au deuil dans la relation, au sens de la perte d’un lien qui s’est rompu, mais aussi au deuil quand la mort vient nous priver de la Vie d’une personne proche, d’un enfant, d’un conjoint… Nous ferons inévitablement tous l'expérience du deuil ou de la perte puisqu’il est constitutif de notre existence malgré nos tentatives de déni, de refus, de rejet de cette réalité, qu’elle soit liée à une étape de vie, à un état, ou à la perte dans la relation, à la mort d’une personne.


La question est donc de savoir comment vivre cet état malgré la désolation, la tristesse, le chagrin, le désespoir, la solitude qu’il peut entraîner?


Le nom deuil vient du latin dolus, la douleur, comme si ce passage devait nécessairement entraîner de la souffrance. Il s’agit d’un processus, souvent psychique, consécutif de « la perte d’une relation ou d’un objet d’attachement ». Cela nous met au défi de l’acceptation et de la possibilité du « gain retrouvé » via une présence intérieure, le souvenir, une relation différente à l’être de chair.


Le processus de deuil est souvent décrit selon plusieurs étapes : le choc, le déni, la colère, la dépression, la résignation, l’acceptation, la reconstruction. Ces étapes, plus ou moins longues et intenses selon chacun, sont nécessaires à l’opportunité de traverser cette épreuve, se relever et parfois même d’en tirer un enseignement, en faire une force, être résilient face à l’adversité.

Le deuil nous met parfois face à l’angoisse de notre propre mort, il s’agit d’une tâche affective qui demande une énergie physique et psychique qui nécessite du TEMPS pour retrouver une énergie plus créatrice où l’on redevient libre en conscience de la perte. Dans certaines situations, on parle de deuil pathologique quand il concerne des situations à risque comme dans les relations de dépendance affective, d’immaturité, dans le cas de traumatismes liés à une mort antérieure dont le deuil n’est pas résolu.


Le deuil parle donc de la Mort et de l’état d’affliction qu'elle peut entraîner. Il évoque également les rituels et manifestations extérieures qui l’accompagnent : le port du deuil, les célébrations funéraires etc…je citerai ici l’exemple du Mexique où la conception de la Mort semble plus festive, le rite funéraire joyeux où se mêlent chants et couleurs vives. L'idée d’une conception festive de la Mort où l’on célèbre la Vie du défunt de façon joyeuse me semble intéressante, bien que cela puisse nous paraître impensable, notamment dans certaines circonstances de deuil périnatal, la perte d’un enfant ou autres situations tragiques.


Dans la relation conjugale, nous pouvons expérimenter des deuils variés: deuil de la passion, de ce qui a teinté la rencontre amoureuse, deuil de cet Autre que nous pensons parfois avoir perdu, décès du conjoint, d’un enfant, deuil périnatal, deuil d’un enfant idéal, deuil d’une femme parfaite ou d’un mari fantasmé.

Tout cela nous le travaillons en consultation de Conseil Conjugal et Familial ! Au-delà des professionnels de la relation d ‘aide, les proches peuvent se révéler de très bons aidants dans le processus, en plus d’un élément qui nous échappe un peu mais qu’il nous faut accepter : le TEMPS.


Alors en cette période où la Nature nous permet de contempler la beauté des cycles de la Vie, si nous prenions le temps de la célébrer, de faire mémoire de nos morts en repensant à ce qu'ils ont pu nous transmettre, en se remémorant des souvenirs agréables (pour soi, en couple, en famille). Occasion rêvée de réfléchir à ce qui est vivant en nous-même, dans nos relations et ce qui n’est plus mais qui peut être encore réanimé !!




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